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Texte écrit par IA : 25 signes pour le reconnaître en quelques secondes

Par Maxime Lamy, co-fondateur de Redak et de Skaale14 min de lecture

Je n'ai même pas besoin de finir un post pour savoir que c'est Claude qui l'a écrit.

Même si vous pensez être passé entre les gouttes, le lecteur, lui, l'a déjà vu. Il a lu des centaines de textes générés. Il en connaît la musique, même s'il serait incapable de l'expliquer.

Et depuis août 2026, il n'est plus le seul à pouvoir la repérer. Anthropic a commencé à intégrer des filigranes invisibles dans les textes écrits par Claude, et des métadonnées de provenance dans certains fichiers qu'il génère.

Les signes de cette liste, c'est ce qu'un humain repère. L'industrie construit déjà la version que les machines repèrent. Cet article fait le tour des deux : les 25 signes qui trahissent un texte écrit par IA, avec pour chacun la façon de le corriger, puis ce que le filigrane de Claude prouve, et ce qu'il ne prouve pas.

Infographie listant 25 signes qu'un texte est écrit par une IA, dont la formule « ce n'est pas X, c'est Y », les tirets cadratins, le jargon corporate et les chiffres sans source

Les 25 signes qui trahissent un texte écrit par IA

Un signe seul ne prouve rien. Un humain peut écrire une liste de trois ou placer un tiret cadratin. C'est l'accumulation qui trahit le texte : trois ou quatre de ces signes dans le même post, et le lecteur décroche.

1. « Ce n'est pas X, c'est Y » partout

C'est la comparaison préférée de l'IA. Elle donne l'illusion d'une révélation à chaque paragraphe : « Ce n'est pas un outil, c'est une philosophie. » Une fois, ça passe. Trois fois dans le même texte, c'est une signature.

Pour corriger : affirmez directement Y. Si X ne mérite pas d'être cité, ne le citez pas.

2. Les listes de trois en boucle

« Rapide, simple et efficace. » Le rythme ternaire sonne bien, et c'est le problème : l'IA le reproduit dans chaque paragraphe. Bien à petite dose, pénible partout.

Pour corriger : gardez une liste de trois quand le contenu en a vraiment trois. Sinon, deux éléments, ou quatre, ou une phrase.

3. Les transitions gênantes

« La leçon ? » « Le truc ? » « Le résultat ? » Personne ne parle comme ça. Ces fausses questions servent à relancer un texte qui n'a pas de raison de continuer.

Pour corriger : enchaînez directement sur l'idée. Si elle a besoin d'une annonce pour exister, c'est qu'elle n'est pas assez forte.

4. Les participes présents en rafale

« En s'appuyant sur », « en fluidifiant », « en tirant parti de ». L'IA empile les gérondifs pour allonger ses phrases sans rien ajouter.

Pour corriger : coupez en deux phrases avec un verbe conjugué.

AvantEn s'appuyant sur des données fiables et en fluidifiant les échanges, l'équipe gagne du temps.

AprèsL'équipe part de données fiables. Les échanges vont plus vite.

5. Les avis flous

« Certains diront que... » « D'aucuns pensent que... » L'IA est entraînée à rester neutre, alors elle prête ses opinions à des inconnus. Ça tourne en rond.

Pour corriger : dites ce que vous pensez, à la première personne.

6. Le jargon corporate

« Mettre en œuvre », « faciliter », « déployer ». Des verbes qui pourraient s'appliquer à n'importe quel sujet, donc qui ne disent rien du vôtre.

Pour corriger : remplacez par l'action concrète. On ne « déploie » pas une stratégie de contenu, on publie trois posts par semaine.

7. Les emojis à gogo

Un ou deux emojis donnent du caractère à un post. Six, c'est trop. Et une puce emoji devant chaque ligne, c'est le réglage par défaut de tous les générateurs.

Pour corriger : un emoji doit avoir une fonction, une émotion ou un repère visuel. Sinon, il saute.

8. Les tirets cadratins partout

Le tiret long au milieu des phrases est devenu le signe le plus connu, et beaucoup le ratent encore. En français courant, presque personne ne le tape au clavier.

Pour corriger : une virgule, un deux-points, des parenthèses, ou deux phrases.

9. Tout est « symbolique »

« Cela témoigne de... » « Cela reflète... » « Un symbole fort de... » Non, ça ne témoigne de rien. L'IA donne une portée à chaque fait pour paraître profonde.

Pour corriger : laissez le fait parler. Si le lecteur ne voit pas ce qu'il signifie, c'est l'exemple qu'il faut changer.

10. La mystérieuse Sophie Martin

Un faux cas client que personne n'a demandé, avec un prénom générique et un résultat trop propre. L'IA invente des exemples pour illustrer, et ça se voit : aucun détail vérifiable, aucune entreprise, aucune date.

Pour corriger : un vrai client nommé avec son accord, ou pas d'exemple du tout.

11. « Que ce soit » ou « de... à... » en boucle

« Que ce soit pour les TPE ou les grands groupes. » « De la stratégie à l'exécution. » Vu une fois, vu partout. Ces constructions servent à couvrir tout le spectre au lieu de choisir.

Pour corriger : choisissez votre cible et parlez-lui.

12. Les mêmes intertitres d'un post à l'autre

« Pourquoi c'est important », « Ce qu'il faut savoir », « Passer à l'action ». Quand chaque article d'un même auteur a les mêmes intertitres, c'est du copié-collé de structure.

Pour corriger : un intertitre doit dire ce que contient la section, pas son rôle dans le texte.

13. Commencer par « Dans un monde où tout va vite... »

« À l'ère du numérique », « Dans un monde en constante évolution ». Le lecteur scrolle immédiatement. Ces ouvertures ne disent rien et retardent le moment où le texte commence vraiment.

Pour corriger : supprimez la première phrase. Neuf fois sur dix, la deuxième fait une meilleure accroche.

14. Exactement le même nombre de puces par section

Chaque section a pile cinq puces, chaque puce a pile la même longueur. Méfiez-vous de la perfection. Un humain a des sections plus riches que d'autres.

Pour corriger : laissez la matière décider. Trois puces ici, sept là, un paragraphe ailleurs.

15. Les structures de phrases répétées

Sujet, verbe, complément, virgule, conséquence. Phrase après phrase. Personne ne parle comme ça.

Pour corriger : lisez le texte à voix haute. Là où vous butez, cassez la construction.

16. Des chiffres sans source

« 78 % des dirigeants... » Selon qui ? L'IA produit des statistiques plausibles, parfois inventées de toutes pièces. Un chiffre sans source affaiblit tout le texte autour de lui.

Pour corriger : chaque chiffre a une source, ou il disparaît.

17. Des phrases qui démarrent toutes pareil

Trois phrases d'affilée qui commencent par « Cela », ou par « Il est ». Une fois qu'on l'a remarqué, impossible de ne plus le voir.

Pour corriger : variez les attaques. Commencer une phrase par « Et » ou « Mais » est parfaitement correct.

18. Des stats sans date

Une statistique de 2019 présentée comme actuelle. L'IA n'est pas un vérificateur fiable : elle mélange les années et ne sait pas ce qui a changé depuis son entraînement.

Pour corriger : datez chaque chiffre, et vérifiez qu'il est encore à jour.

19. « Mais voilà le truc : »

La formule qui annonce une révélation qui n'arrive jamais. À jeter direct, avec ses cousines « Et c'est là que tout change » et « Spoiler : ».

Pour corriger : supprimez l'annonce, gardez seulement ce qui suit.

20. Aucun lien vers une source

Des affirmations que rien ne soutient. Un texte humain sérieux cite ses sources, comme au lycée. Un texte généré affirme, et passe à la suite.

Pour corriger : un lien par affirmation importante. C'est aussi un signal de confiance pour le lecteur et pour les moteurs de recherche.

21. La meta description identique à la première phrase

Sur un article de blog, une meta description copiée du premier paragraphe montre que personne n'a pensé à la page dans les résultats de recherche. Zéro effort, facile à repérer.

Pour corriger : écrivez une description unique de 150 caractères environ, qui donne envie de cliquer.

22. Le produit appelé « l'outil »

« L'outil permet de... » « Grâce à cet outil... » L'IA ne nomme pas les marques, par prudence. Résultat : un texte qui n'est pas foutu de dire de quoi il parle.

Pour corriger : appelez les choses par leur nom.

23. Tout se fait « en silence »

« Ce problème coûte des milliers d'euros, en silence. » « Votre concurrent avance, en silence. » Celui-là revient de plus en plus. Il dramatise sans rien apporter.

Pour corriger : supprimez « en silence ». La phrase garde exactement le même sens.

24. « Ceux qui... » à répétition

« Ceux qui réussissent sur LinkedIn... » « Ceux qui comprennent ça... » Lesquels ? Où ? Ce sujet anonyme permet de généraliser sans jamais rien prouver.

Pour corriger : soyez précis. Un nom, un métier, un exemple réel.

25. Une cadence de robot

Toutes les phrases ont la même longueur, tous les paragraphes le même poids. Vous la sentez avant de savoir l'expliquer. Et une fois que vous l'avez vue, vous ne pouvez plus l'ignorer.

Pour corriger : alternez. Une phrase longue, une très courte. Un paragraphe dense, puis une ligne seule.

Le vocabulaire qui s'installe

Malheureusement, la liste ne va faire que s'allonger. En plus des tournures, il y a tout un vocabulaire qui s'installe dans les textes générés. Quelques classiques :

  • « Véritable »
  • « Levier »
  • « Écosystème »
  • « Héros méconnu »
  • « Arme secrète »
  • « Favoriser »
  • « Façonner »
  • « Ça change la donne »
  • « Pierre angulaire »

Aucun de ces mots n'est interdit en soi. Le problème, c'est leur fréquence : un texte qui en aligne trois en un paragraphe sonne comme mille autres. La règle simple : si le mot pourrait être retiré sans changer le sens de la phrase, retirez-le.

Le filigrane invisible de Claude : ce qu'il change

Jusqu'ici, repérer un texte généré reposait sur l'œil du lecteur et sur des détecteurs statistiques peu fiables. Depuis l'été 2026, une autre couche arrive : le marquage par les éditeurs eux-mêmes.

Ce qu'Anthropic a mis en place

Pour se conformer aux obligations de transparence de l'AI Act européen, Anthropic a annoncé en août 2026 deux mécanismes de marquage pour Claude :

  • Un filigrane invisible dans le texte. Il ne repose sur aucun caractère caché : il est tissé dans le choix des mots lui-même. Il ne change ni le sens ni la lisibilité, il suit le texte quand on le copie-colle, et il peut résister à des modifications légères.
  • Des métadonnées de provenance signées dans les fichiers, basées sur le standard ouvert C2PA, pour des formats comme le PNG, le JPG et le SVG.

Le marquage concerne les modèles Claude lancés à partir du 2 août 2026, et Anthropic travaille à l'étendre aux modèles plus anciens. Il s'applique dans le monde entier, pas seulement en Europe, sur l'ensemble des produits Claude. Anthropic a aussi indiqué préparer des outils pour que des tiers puissent détecter ces marques.

Ce que le filigrane ne prouve pas

C'est la partie que beaucoup ont mal lue. D'après Anthropic, un filigrane détecté indique seulement qu'un texte a pu passer par Claude. Il ne prouve pas que Claude l'a écrit : quelqu'un qui fait corriger ou traduire son propre texte peut obtenir un texte marqué.

L'inverse est vrai aussi. Un texte très court, fortement réécrit, paraphrasé ou traduit peut ne porter aucune marque détectable. L'absence de filigrane ne prouve donc pas qu'un humain a écrit le texte.

Pourquoi ça compte quand même

Le filigrane ne remplace pas l'œil du lecteur. Votre prospect ne va pas passer vos posts dans un détecteur avant de décider s'il vous fait confiance. Il va lire les deux premières lignes, sentir la cadence, et scroller.

Mais la direction est claire : la provenance des contenus devient traçable. Les signes de cette liste, c'est ce qu'un humain repère. L'industrie construit déjà la version que les machines repèrent. Prenez de l'avance sur les deux.

Écrire avec l'IA sans que ça se voie

Écrire avec l'IA, c'est complètement normal. L'utiliser sans relire ce qu'elle sort, c'est ça le problème.

Quelques réflexes qui font la différence :

  1. Partez de votre matière, pas d'un sujet. Vos chiffres, vos clients, vos décisions, vos erreurs. Une IA à qui on donne un sujet vague produit un texte vague.
  2. Relisez avec la liste ci-dessus sous les yeux. Barrez chaque signe trouvé. Les premières fois, il y en a beaucoup.
  3. Lisez à voix haute. La cadence de robot s'entend tout de suite.
  4. Coupez le premier et le dernier paragraphe. C'est là que se concentrent les ouvertures génériques et les conclusions qui résument ce qu'on vient de lire.
  5. Vérifiez chaque chiffre. Source, date, contexte. Ou suppression.

Apprenez à reconnaître sa musique, éditez pour de vrai, et votre contenu arrête de ressembler à celui des autres.

Et si vous n'avez pas le temps

Sur LinkedIn, un dirigeant B2B n'a souvent ni le temps d'écrire, ni celui de réécrire ce qu'une IA a produit. C'est pour ça que Redak existe : une équipe qui écrit vos posts à votre façon de parler, avec les visuels, et qui s'occupe aussi des commentaires si vous le souhaitez. Pas d'automatisation ni d'IA dans tous les sens : Maxime Lamy, co-fondateur et copywriter en chef, et une équipe nommée derrière chaque post.

Les résultats parlent d'eux-mêmes. Greg Arvis (L'Équipage du Manager) : 8 millions d'impressions et 15 000 abonnés en 11 mois. Katia Rasori (VcomK) : 9 millions d'impressions et des dizaines de rendez-vous.

Le Basique est à 490 € HT par mois, sans engagement : 10 posts LinkedIn par mois et leurs visuels, avec la refonte du profil offerte. Le détail est sur la page tarifs, les réponses aux questions courantes dans la FAQ.

Questions fréquentes sur les textes écrits par IA

Comment savoir si un texte a été écrit par une IA ?

Aucun signe isolé ne suffit. C'est l'accumulation qui trahit un texte : des formules toutes faites comme « ce n'est pas X, c'est Y », des listes de trois à chaque paragraphe, des phrases de même longueur, un vocabulaire gonflé (« véritable », « levier », « écosystème ») et des chiffres sans source ni date. Trois ou quatre de ces signes dans le même texte, et le doute est permis.

Les détecteurs d'IA sont-ils fiables ?

Pas assez pour trancher seuls. Ils estiment si un texte ressemble statistiquement à un texte de machine. Un texte humain très structuré peut obtenir un score élevé, et un texte généré puis bien retravaillé peut passer sous le radar. Un score de détecteur est un indice, pas une preuve.

Qu'est-ce que le filigrane invisible de Claude ?

Depuis août 2026, Anthropic intègre un filigrane invisible dans le texte généré par les modèles Claude concernés, ainsi que des métadonnées de provenance signées (standard C2PA) dans certains fichiers comme les images PNG, JPG et SVG. Le filigrane du texte ne se voit pas, il suit le texte quand on le copie-colle et peut résister à de légères modifications.

Le filigrane prouve-t-il qu'un texte a été écrit par Claude ?

Non. Selon Anthropic, un filigrane détecté indique seulement que le texte a pu passer par Claude, par exemple pour une traduction ou une correction. À l'inverse, un texte court ou fortement réécrit peut ne porter aucune marque détectable. L'absence de filigrane ne prouve donc pas qu'un humain a écrit le texte.

Peut-on utiliser l'IA pour écrire ses posts LinkedIn ?

Oui, à condition de relire et d'éditer pour de vrai. Le problème n'est pas l'outil, c'est le texte publié tel quel. Un post qui accumule les signes de cette liste perd la confiance du lecteur dès les premières lignes, et ressemble à celui de tous les autres.

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